2
5
6

Jean-Sébastien Huot

Mon parcours comme artiste visuel a débuté alors que j’avais 18 ans. Je travaillais comme journalier dans un camp de bûcherons du Saguenay pour y faire du rubanage. Débutant à 6h du matin pour rentrer vers 15h, j’avais le loisir de m’adonner le reste de la journée à l’écriture de mon premier recueil de poésie. Habitant seul un petit chalet du Lac Otis, celui de mon grand-père, je martelais mes poèmes sur une machine à écrire électronique avec posés sur ma table les livres de Josée Yvon, les poésies complètes d’Alain Grandbois, Tous corps accessoires de Rogers Des Roches et La nuit juste avant les forêts de Koltès. 

Je les avais dénichés à 2 dollars au Colisée du livre pour m’inspirer puisque j’allais passer mon été en forêt. Je feuilletais, au hasard, les pages de ces livres que je mêlais aux miennes. Un soir, m’ennuyant et en manque d’inspiration, je me mis à fouiller dans de vieilles boîtes en carton qui se trouvaient dans une garde-robe de ma chambre et tombais sur une collection du Paris Match. Je me mis à parcourir les magazines en me disant que les images colorées qui s’y trouvaient chasseraient mon ennui. L’une des revues présentait un article sur le peintre Jean-Michel Basquiat. Mes tripes se nouèrent lorsque je vis les tableaux de l’artiste.

 

Tags: